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Télécharger son esprit pour devenir immortel, un vieux rêve qui risque de se réaliser ?

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Télécharger son esprit pour devenir immortel, un vieux rêve qui risque de se réaliser ?

© Ezi/Unsplash

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« Nous pourrions voir apparaître une technologie de chargement de l’esprit du vivant de nos enfants ou petits-enfants », affirmait récemment le philosophe australien Clas Weber dans un article. Ce vieux rêve paraît de moins en moins irréaliste à la faveur du boom des technologies. Mais va-t-il pour autant nous rendre immortels ? Éléments de réponse.


Le projet de téléchargement de l’esprit est une antienne des mouvements transhumanistes. Il permettrait d’atteindre l’immortalité. L’esprit est alors considéré comme un software, un logiciel qui « tourne » (effectuant différentes opérations, accomplissant diverses fonctions) sur un hardware biologique, le cerveau. Rien n’interdit d’imaginer que l’esprit pourrait fonctionner sur une autre machine – et pourquoi pas une machine non biologique ? Encodé dans l’ordinateur, l’esprit serait affranchi du corps. Il serait certes encore adossé à un corps, mais un corps informatique reproductible à l’infini, donc potentiellement immortel.

Le thème émerge d’abord dans la littérature de science-fiction. Dans le cycle de romans La Grande Porte (1977-1990) de Frederik Pohl, des individus sont enregistrés sous une forme électronique et continuent leur existence post mortem dans le cyberespace. Dans la trilogie romanesque Neuromancien (1984-1986) de William Gibson, la super-intelligence artificielle qui donne son nom à la saga est capable de produire une copie numérique d’un individu. Dans La Grande Rivière du ciel (1987) de Gregory Benford, les esprits des morts sont numérisés et utilisés comme conseillers par les vivants. Ils apparaissent sous forme de véritables personnes (« aspects ») ou de copies amoindries (« visages »).

Ce sujet littéraire fait peu à peu l’objet de réflexions plus concrètes. Dès 1988, Charles B. Olson publie l’article « A possible cure for death » (« un possible remède à la mort ») dans le journal médical Medical Hypotheses. « La conservation chimique du cerveau (rapidement après l’arrêt des fonctions vitales) préserve non seulement la configuration neuronale, mais aussi une grande partie de la structure moléculaire. […] Si tel est le cas, la technologie d’un avenir lointain pourrait être en mesure d’extraire ces informations et de construire une nouvelle machine cérébrale fonctionnellement identique (ainsi qu’un corps), permettant ainsi à l’individu correspondant de se réveiller et de vivre à nouveau. » Les principaux tenants du mouvement transhumaniste ont défendu des projets comparables.

 

Le dada des transhumanistes

Le plus ancien est Hans Moravec. Parmi toutes les figures du transhumanisme, il est sans doute celui qui, depuis le plus longtemps, met en avant le téléchargement de l’esprit. Dans son essai Mind Children (1988 ; Harvard University Press ; non traduit), il soutient la possibilité de créer ou de recréer des « personnes simulés » qui seraient « aussi réelles que vous ou moi, bien qu’emprisonnées dans le simulateur » géant. Ces esprits numériques, cela dit, ne seraient pas entièrement coupés du monde physique. « Nous pourrions “télécharger” [download] notre esprit directement dans un corps au sein de la simulation et le “téléverser” [upload] à nouveau dans le monde réel une fois notre mission accomplie. Nous pourrions aussi faire sortir les enfants de la simulation en inversant le processus – en liant leur esprit à un corps robotique extérieur ou en les téléchargeant directement dans ce corps. »

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