Pensée d’ailleurs

Totem

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Cet article est issu du numéro 66 de Philosophie magazine « 66 - février 2013 », en kiosque le 17 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est l’origine, animale ou végétale, d’une lignée. Et si, au lieu d’un singe, notre ancêtre était un caméléon ou un érable ?

On sait que « totem » est un mot ojibwé, une langue amérindienne parlée autour des Grands Lacs. Mais la notion qu’il désigne, attribuant un ancêtre animal (ou végétal) à une famille, un clan, une lignée, est répandue dans le monde entier. Outre chez les Indiens d’Amérique, on la retrouve en Australie, en Polynésie et en Afrique. Cette notion répond à une obligation intellectuelle. Je sais que j’ai un père, qui lui-même a un père, lequel a lui aussi un père… L’ancêtre n’est pas un aïeul, car qu’est-ce qui m’inciterait à arrêter ma poursuite de l’origine à mon arrière-grand-père, à l’homme de Cro-Magnon, à l’australopithèque dont nous descendons, voire à glisser jusqu’à la bactérie monocellulaire ? Il nous faut un « point zéro » où commencer le décompte. Chez les Grecs, on trouve des héros à l’origine des hommes, plus tout à fait des dieux, pas encore des hommes. Le premier des Juifs, Abraham, n’était pas juif, mais chaldéen ; le premier chrétien, Jésus, n’était pas chrétien, mais juif ; le premier musulman ne l’est devenu qu’à l’âge de 40 ans.

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