Tous les chemins mènent aux idées
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Cet article est issu du numéro 52 de Philosophie magazine « 52 - septembre 2011 », en kiosque le 25 août 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Qu’elles privilégient la voie du corps, de l’autre ou de l’esprit, les méthodes pour éveiller la pensée à elle-même ne manquent pas.
La voie du corps
La méditation
« Pour restaurer l’esprit dans son unité originelle, […] méditez. Comptez vos respirations, puis ajustez votre souffle jusqu’à ce qu’il devienne imperceptible », préconise le taoïsme chinois (VIe siècle avant J.-C.). Loin du sport individuel, ces techniques visent
à mettre en harmonie le corps avec la nature environnante.
Le voyage
Si le touriste emporte dans sa valise habitudes et préjugés, le voyageur, lui, ouvre son esprit à ce qui lui est étranger. À l’image de Descartes (1596-1650), qui a quitté la France à 22 ans pour sillonner l’Europe, estimant qu’il y a plus à apprendre dans « le grand livre du monde » qu’en bibliothèque.
La sexualité
Votre esprit s’alourdit et s’embrouille ? Fermez vos livres et faites l’amour passionnément. Vous aurez ainsi rendu votre pensée pleinement réceptive, à en croire La Mettrie (1709-1751). Ce matérialiste estimait que la philosophie et l’érotisme étaient complémentaires : « Il faut les suspendre pour les aiguiser. »
La marche
La marche est une métaphore de la pensée. À chaque pas, on se projette en avant, on risque la chute, on se rattrape, on avance. Ainsi, pour Rousseau (1712-1778), « la marche a quelque chose qui anime et avive [l]es pensées ». Et pour Nietzsche (1844-1900) : « Je n’écris pas qu’avec ma main ; mon pied aussi veut toujours être de la partie. »
L’ivresse
Rien ne vaut une bonne bouteille : placée sous le signe de Dionysos, la pensée se déleste des conventions. Les intuitions les plus vives jaillissent parfois de l’ivresse, suggère en effet Kierkegaard (1813-1855) dans In vino veritas, récit d’un banquet philosophique copieusement arrosé de château-margaux.
La rêverie
On ne perd pas son temps en se laissant absorber par la forme d’un nuage ou le murmure d’une rivière. Bachelard (1884-1962) nous incite ainsi à « cesser de réfléchir » pour s’adonner à la rêverie, cette imagination active qui investit la matière et ses éléments – la terre, l’air, l’eau et le feu.