Trois faits d’actualité commentés par Alain Renaut

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Cet article est issu du numéro 12 de Philosophie magazine « 12 - septembre 2007 », en kiosque le 23 août 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Politique 19 juin / Les minorités visibles au gouvernement

« Il ne faut pas confondre discrimination positive et politique des quotas »

La composition « black-blanc-beur » du gouvernement Fillon est spectaculaire. À travers la nomination de Rachida Dati, de Fadela Amara et de Rama Yade, Sarkozy promeut simultanément la parité, la diversité et l’ouverture à gauche. C’est généreux et audacieux, alors que l’opinion n’est pas encore acquise à la promotion des minorités visibles et à l’élection de responsables politiques issus de l’immigration. Voyez ce qu’il est advenu, aux législatives, des 17 candidats du PS issus de ces minorités. Pas un seul n’a été élu. Faouzi Lamdaoui, candidat malheureux du PS, s’est entendu dire à plusieurs reprises : « Je ne voterai jamais pour un Arabe. » La composition du gouvernement devance l’état de l’opinion sur ces questions. Sur le fond, on entend souvent dire que la discrimination positive marque une rupture avec la philosophie républicaine. Comme le dit la Déclaration des droits de l’homme : à mérite et à talent comparables, il ne doit y avoir aucune discrimination dans l’accès aux places et aux emplois publics. Mais, depuis les années 1950 aux États-Unis et 1980 en Europe, il est apparu (notamment à travers les luttes des homosexuels, des femmes et des minorités ethniques) que le refus des discriminations était une condition nécessaire mais non suffisante de l’égalisation. L’idée est la suivante : contre les inégalités, il ne faut pas seulement agir négativement, en interdisant les discriminations ; il faut agir positivement, en produisant effectivement l’égalité par des formes de justice compensatrice. Je suis tout à fait favorable à cette politique d’action positive. Mais il faut la distinguer de la politique quantitative des quotas, qui n’est ni possible ni souhaitable en France. Fondée sur l’individu, la version française républicaine de l’idée démocratique ne considère pas les groupes comme des sujets de droit .

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