Une histoire du flou. Aux frontières du visible

Une recension de Antoine Rogé, publié le

Maître de conférences en esthétique et philosophie de l’art à la Sorbonne, Michel Makarius s’est éteint avant d’achever ce qui devait être une histoire du flou dans les arts visuels. « Ce n’est pas faire violence au flou que d’en parler clairement », écrivait-il. Cette rigueur n’exclut pas la délectation, l’auteur préférant égrener quelques œuvres aimées au lieu de sacrifier à l’illusoire ambition d’être exhaustif. Ainsi nous est proposée une traversée qui commence à la Renaissance, allant du sfumato de Léonard, de la sprezzatura du Caravage, jusqu’au flou expressionniste des photographes contemporains, en passant par le nimbe sublime des montagnes de Caspar David Friedrich. Avec pour fil conducteur, cette définition d’un flou placé en « ligne de crête » entre la notion de représentation (l’art abstrait n’étant pas flou mais « évanescent ») et celle de l’irreprésentable, élargissant la portée de ce petit ouvrage aux problèmes de l’ontologie et de la philosophie de la perception.

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