Pourquoi photographie-t-on les couchers de soleil ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 114 de Philosophie magazine « Comment vivre avec l’idée de la mort ? », en kiosque le 26 octobre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Nous avons beau savoir que c’est un cliché, nous ne pouvons pas nous empêcher de l’immortaliser. Peut-être parce que s’y cache quelque chose de bien plus profond.
Pour approcher l’éternité
Platon (Ve-IVe siècle av. J.-C.)
L’œil admirant le soleil couchant se trompe sur ce qu’il vise. L’homme, explique Platon dans le Timée, doit « prendre soin de [son] élément céleste » en étudiant le ciel étoilé. Mais cela ne signifie pas qu’il faille s’extasier devant les couleurs du couchant. C’est au contraire la trajectoire du soleil, visible du seul géomètre, qu’il faut s’entraîner à percevoir par l’esprit, pour accoutumer l’âme au mouvement régulier circulaire, donc éternel. En photographiant le couchant comme un bel objet coloré, on manque la vraie beauté de l’astre. Pire : on idolâtre sa copie numérisée.