Justice

13 Novembre : pourquoi témoigner a une telle importance

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Salle d’audience du grand procès du 13 Novembre, nouvellement construite. Fait inédit : la salle étant équipée de caméras et d’une régie, ce procès, ainsi que ceux destinés à s’y tenir par la suite, pourront être filmés

Salle d’audience du grand procès du 13 Novembre, nouvellement construite. Fait inédit : la salle étant équipée de caméras et d’une régie, ce procès, ainsi que ceux destinés à s’y tenir par la suite, pourront être filmés. © Olivier Corsan/Le Parisien/Maxppp

Six ans après les faits, le procès des attentats du 13 Novembre s’ouvre à Paris. À partir de mercredi 8 novembre, et pendant 140 jours, des centaines de témoins vont défiler à la barre de l’ancien palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, pour dire « leur vérité ». Ils raconteront, un par un, face à cinq juges, cette nuit où une série d’attentats islamistes a ôté la vie à 130 personnes.

On met souvent en avant l’aspect thérapeutique du témoignage judiciaire. Pour certaines personnes, en effet, parler publiquement permet de voir sa souffrance reconnue – en plus de participer au processus d’établissement de la justice. Mais le témoignage n’a pas toujours cette fonction psychologique et individuelle. D’après le magistrat Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice et auteur notamment du Gardien des promesses. Le juge et la démocratie (Odile Jacob, 1996), témoigner est un acte qui a une dimension collective : il permet à la société de faire corps autour de la parole du témoin.

Ce que signifie réellement “témoigner”