Analyse

Attentats du 13 Novembre : ce que signifie réellement “témoigner”

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Salle d’audience du grand procès du 13 Novembre, nouvellement construite. Fait inédit : la salle étant équipée de caméras et d’une régie, ce procès, ainsi que ceux destinés à s’y tenir par la suite, pourront être filmés

Salle d’audience du grand procès du 13 Novembre, nouvellement construite. Fait inédit : la salle étant équipée de caméras et d’une régie, ce procès, ainsi que ceux destinés à s’y tenir par la suite, pourront être filmés. © Olivier Corsan/Le Parisien/Maxppp

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Mercredi 8 septembre s’ouvre à Paris le procès des attentats du 13 novembre 2015. Des centaines de personnes vont défiler à la barre pour témoigner. Mais face à un tel événement, quel peut être véritablement le rôle du témoignage ? Au-delà de son caractère individuel, parfois thérapeutique, le témoignage « intéresse » la société tout entière, selon Hegel. Analyse.

 

Six ans après la tragédie, une tâche immense attend les cinq juges, les 330 avocats, les quelque 1800 parties civiles et peut-être aussi nous tous, à travers eux : établir les faits au nom du droit et rendre justice de cette nuit d’horreur. Inévitablement, pendant les 140 jours d’audience prévus, il va être demandé à chacun de se remémorer toute la funeste chronologie – la double explosion mortelle au Stade de France, la fusillade au Bar Le Carillon, celle du restaurant Le Petit Cambodge et du Casa Nostra, puis le massacre à la terrasse de La Belle Équipe. Un chemin de sang qui conduit, peu après 21h30, au concert du groupe Eagles of Death Metal, au Bataclan, et au bout de la nuit au sinistre décompte : 130 morts, 413 blessés.

Un dispositif hors normes

Symbole de ce que ce procès a d’historique pour la justice française, il ne prend pas place au nouveau palais de Justice, à Porte de Clichy, mais dans l’ancien, sur l’île de la Cité, qui aujourd’hui n’accueille que les plus hautes juridictions, la Cour d’appel et la Cour de Cassation. La bâtisse, qui date du XIIIe siècle, a connu les rois, les incendies, la Révolution et la Commune. Elle a déjà jugé le terrorisme islamiste à de nombreuses reprises, de la filière djihadiste de Strasbourg aux départs et retours de Syrie – mais pour accueillir ce procès sans précédent, une salle appelée « Grands Procès » y a été spécialement construite, en un an et demi.

Au cœur de ce dispositif immense, les nombreuses parties civiles qui souhaitent témoigner et raconter les faits tels qu’ils les ont vécus, survivants, proches des victimes et familles endeuillées. Du mardi au vendredi, à partir de 12h30, la salle « Grands Procès » va s’animer de leurs témoignages, filmés pour les archives de la justice. Qu’est-ce qui se joue dans cet acte essentiel au procès ?

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