Antoine d’Agata: “Je suis entré dans une spirale d’intensité”

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Cet article est issu du numéro 80 de Philosophie magazine « 80 - juin 2014 », en kiosque le 28 mai 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Photographe

« La photo est le seul art qui autorise et donc requiert d’être impliqué dans l’événement qu’on enregistre. J’assume cette responsabilité de la façon la plus absolue : physique, émotionnelle, sexuelle… avec la conviction que les images les plus justes proviennent de la “non-conscience”. L’alcool, la drogue ou l’abandon à l’acte sexuel me dégagent du contrôle sur l’image. Mais ni le plaisir du sexe en soi ni les divagations mentales ne m’intéressent. Je ne prends que des drogues dures qui creusent les sensations. Du crystal meth avec des retombées, de l’héroïne avec des manques, de la méthamphétamine avec des excès. Sans ces gouffres, la seule jouissance ne serait rien. Je vis contre des territoires inconnus de violence et de peur, photographiant le monde de la nuit, les déchus, essayant d’approcher une connaissance concrète de réalités abstraites, comme la mort, la maladie, la violence…

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