Écologie

Au Japon, des robots loups pour se protéger des ours : ingéniosité ou perte d’humanité ?

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Kisarazu, préfecture de Chiba (Japon). Chikao Umezawa avec un robot “Super Monster Wolf”, conçu pour éloigner les animaux sauvages qui causent des dommages aux cultures

Kisarazu, préfecture de Chiba (Japon). Chikao Umezawa avec un robot “Super Monster Wolf”, conçu pour éloigner les animaux sauvages qui causent des dommages aux cultures. © Toru Yamanaka

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« Monster Wolf » : c’est le nom d’un « robot loup » créé il y a quelques années, utilisé par de plus en plus de communes japonaises pour éloigner certains prédateurs, à commencer par l’ours brun, qui s’aventure dans des zones urbaines où l’activité économique et la démographie diminuent. Une innovation étonnante, éclairée par la pensée de Bergson.


 

Le « Super Monster Wolf », robot déguisé en loup utilisé au Japon pour éloigner la faune prédatrice qui s’intéresse d’un peu trop près aux champs et habitations humaines, a de quoi faire sourire. En général, la technique consiste en une entreprise toute matérielle de transformation du monde dans l’horizon d’un projet humain. La voilà qui s’adonne à l’art inhabituel du subterfuge pour ruser avec d’autres espèces. Le robot loup introduit un double brouillage entre l’artificiel et le naturel. La machine grimée en prédateur imite (assez grossièrement) l’organisme animal. Mais, plus profondément, elle adopte une stratégie qui est d’abord une invention du monde animal.

Évolution des espèces et technologie physiologique

La tromperie, l’imitation d’autres espèces, sont la clef de l’adaptation et de la survie de nombreuses espèces. La larve du papillon Hemeroplanes ornatus éloigne ses prédateurs grâce à son allure de serpent. La tête du fulgore porte-lanterne, un petit insecte, est surmontée d’une protubérance lui conférant un air reptilien qui effraie les oiseaux. Plus déroutant encore, la pieuvre mimétique est capable, selon les situations, de prendre l’apparence d’une quinzaine d’espèces – du serpent des mers à la rascasse volante en passant par le flet, la raie ou encore la méduse.

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