Les clés d'un classique
Beauvoir et les trois vagues du féminisme
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Cet article est issu du numéro 174 de Philosophie magazine « La vie a-t-elle un sens ? », en kiosque le 26 octobre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En 1968, Martha Weinman Lear, journaliste américaine, emploie l’expression de « deuxième vague » pour désigner les luttes féministes de l’après-guerre, qu’elle distingue de celles des suffragettes – « première vague » axée sur l’accès aux droits fondamentaux. Aujourd’hui, il est courant de distinguer trois, voire quatre vagues. Depuis sa parution en 1949, Le Deuxième Sexe de Beauvoir est une référence commune à tous ces courants.
Première vague (XVIIIe siècle-1945)
Objectifs
Obtention du droit de vote, du droit de gérer ses biens et de demander le divorce
Textes fondateurs
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791)
« Article premier. La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Mary Wollstonecraft, Défense des droits de la femme (1792)
« Je désire persuader aux Femmes qu’elles doivent tâcher d’acquérir la force de l’âme et du corps, et les convaincre que des phrases mielleuses, la sensibilité exagérée du cœur, la délicatesse outrée de sentiments, et le raffinement exquis du goût sont presque synonymes des différentes épithètes consacrées à exprimer la faiblesse. »
Harriet Taylor Mill, L’Affranchissement des femmes (1851)
Alors que son mari se penche sur les conséquences morales de l’utilitarisme, elle applique ces mêmes principes à la condition féminine. Selon elle, reléguer les femmes au second plan est un mauvais calcul, qui conduit à un appauvrissement généralisé de l’humanité.
Activisme
1878 Premier Congrès international du droit des femmes en France.
1903 Création d’un parti en Grande-Bretagne, l’Union sociale et politique des femmes.