Métamorphose

Catherine Malabou : pourquoi la Chine se lance dans la course à la cryptomonnaie

Temps de lecture : 1 min

Catherine Malabou : pourquoi la Chine se lance dans la course à la cryptomonnaie

©Rabauz/Pixabay

La Banque centrale chinoise a réaffirmé, mi-septembre, son intention de créer un yuan numérique. Un exemple parmi d’autres de la volonté croissante des États de s’approprier le thème des cryptomonnaies : les Philippines, la Suède, l’Uruguay, le Mexique et même l’Union européenne sont en train de mettre sur pied des projets similaires. La course aux cryptomonnaies nationales est lancée. Pour la philosophe Catherine Malabou, l’expression même est paradoxale : les cryptomonnaies fonctionnent en effet sur un principe anarchiste d’horizontalité, de décentralisation et de transparence, qui remet en cause l’accaparement de la valeur par les États pyramidaux et leurs banques centrales. C’est précisément pour contester ce monopole qu’a été créée, au sortir de la crise financière de 2008, la blockchain – « un registre de transactions décentralisé et public, où l’historique de tous les échanges entre les membres d’un même réseau est répertorié ». Les prétendues « cryptomonnaies nationales » n’auront de « cryptomonnaies » que le nom : elles seront en fait, selon Malabou, des armes dans la guerre que les États mènent aux monnaies numériques indépendantes. 

Le paradoxe des cryptomonnaies nationales. Entretien avec Catherine Malabou