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“Cerveau reptilien” : origine et persistance d’une erreur scientifique

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“Cerveau reptilien” : origine et persistance d’une erreur scientifique

© Jocelyn Collages/Neutral Grey/Saif images

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« Je préfère les hommes politiques qui s’adressent au néocortex et au cerveau sensitif que ceux qui font le choix de s’adresser au cerveau reptilien et à l’instinct grégaire », lançait récemment le ministre Olivier Véran sur France Culture. Venant d’un neurologue de formation, ces propos, qui reprennent un théorie scientifique erronée, ont suscité une certaine indignation sur les réseaux sociaux. Décryptage.

La théorie du cerveau triunique

La notion de cerveau reptilien est indissociable d’une théorie plus vaste, celle du « cerveau triunique » développée par le neurobiologiste Paul D. MacLean en 1962 dans son article « New Findings Relevant to the Evolution of Psychosexual Functions of the Brain » (« Nouvelles découvertes concernant l’évolution des fonctions psychosexuelles du cerveau »). L’essentiel de sa théorie tient en quelques phrases : « L’homme se trouve dans cette situation complexe : la nature l’a doté essentiellement de trois cerveaux qui, en dépit de grandes différences de structure, doivent fonctionner ensemble et communiquer entre eux. […] Dans le cours de l’évolution, nous semblons avoir acquis un esprit fait de trois esprits. »

Inspiré par les recherches de l’anatomiste allemand Ludwig Edinger, qui opposait déjà le cerveau « archaïque » des reptiles et des oiseaux, et le cerveau « nouveau » des mammifères, MacLean aborde ainsi l’histoire évolutive du cerveau comme une superposition de trois couches.

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