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Comment “#MeTooGarçon” désamorce les clichés sur la sexualité masculine

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Comment “#MeTooGarçon” désamorce les clichés sur la sexualité masculine

© Diego Sanchez/Unsplash

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« Un homme a envie d’avoir un rapport sexuel », « une érection est la preuve d’un rapport consenti »… C’est ce genre de présupposés que le hashtag actuel #MeTooGarçon vient battre en brèche. Il s’agit plus profondément de déboulonner ce que la philosophe Olivia Gazalé appelle « le mythe de la virilité ». Décryptage. 


 

Sur les réseaux sociaux, le hashtag « #MeTooGarçon » est une première dans l’histoire des violences sexuelles et sexistes. Il inclut toutes les victimes masculines de violences sexuelles, englobant le « #MeTooGay » et le « #MeTooInceste », tout en laissant une place aux hommes hétérosexuels. Il a été lancé par le comédien Aurélien Wiik, qui a témoigné avoir été abusé par son agent de ses 11 à ses 15 ans, avoir subi des « agressions, harcèlements et tentatives de viol », et notamment un viol commis par une femme qui l’aurait drogué. Le témoignage, posté en story Instagram le jeudi 22 février, a engendré d’autres publications personnelles des internautes : des hommes, homosexuels et hétérosexuels, ont raconté les violences sexuelles subies au cours de leur vie. 

Sept ans après la popularisation du hashtag #MeToo (qui avait trouvé un certain équivalent avec le  #balancetonporc en France), on peut s’interroger : pourquoi cette parole a-t-elle mis tant de temps à émerger ? Et pourquoi est-elle encore si rare ? Sans doute d’abord – et il convient de le rappeler – parce que les hommes victimes de violences sexuelles et sexistes sont fortement minoritaires par rapport aux femmes. Selon l’enquête « VIRAGE » (Violences et rapports de genre) réalisée en 2015 par l’Ined, le nombre d’hommes déclarant avoir été victimes de viol s’élève à 2 700 contre 62 000 femmes. L’enquête précise également que les viols et tentatives de viols commis sur des hommes ont très majoritairement lieu durant leur minorité : 76% avant leurs 18 ans, dont 60% avant leurs 15 ans.

Même s’ils sont peu nombreux, certains hommes hétérosexuels témoignent sur Twitter s’être fait violer lorsqu’ils étaient majeurs, souvent par d’autres hommes, mais parfois aussi par des femmes. Pour minoritaires qu’elle soit, cette parole est précieuse. Elle permet de battre en brèche tout un panel de tabous et de clichés attachés à la sexualité masculine, qui affectent les hommes comme les femmes. Décryptons ces présupposés. 

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