Barbe de hipster. Le poil à gratter de la virilité
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Cet article est issu du numéro 127 de Philosophie magazine « L’étrange logique de la mémoire », en kiosque le 21 février 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Cette toison savamment entretenue est arborée depuis quelques années par les « branchés » des grandes métropoles occidentales. Une volonté de souligner sa masculinité ou le signe d’un trouble dans le genre ?
Il y a de plus en plus de barbus. C’est un fait ! Un philosophe célèbre m’expliquait récemment que la barbe était le dernier attribut viril que les femmes ne pouvaient revendiquer. Serait-ce pour sauvegarder une différence mise en cause que les hommes auraient si volontiers adopté cette mode ? Si c’est le cas, cette tendance serait plutôt spécifique aux Blancs « caucasiens », comme les appellent les Américains. En Afrique, où le poil est plus rare, les hommes apprécient la pilosité des femmes, sur les jambes mais aussi sur le visage. Dans les traditions anciennes, elles avaient l’habitude d’enduire de jus de citron les poils de leurs aisselles, afin de les rendre plus soyeux. Et certaines belles Camerounaises ou Congolaises d’aujourd’hui entretiennent savamment ceux de leur menton. Pour preuve de la séduction des poils féminins, on peut lire sur les forums de discussion ivoiriens les témoignages de jeunes hommes confessant combien la barbe des femmes déclenche leur désir.