Série “Travailler sur soi”
Comment se reprendre en main avec Plotin
Tête en marbre blanc, originellement partie d’un buste, identifiée comme représentant Plotin et datant probablement du IIIe/IVe siècle. L’identification est plausible mais non prouvée. Ostia Antica – Rome (Italie). © Wikimedia Commons
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En cette nouvelle année, Philosophie magazine vous propose une série sur la question du « travail sur soi », une expression à la mode, mais qui a toujours occupé les philosophes. Le premier épisode est consacré au philosophe Plotin, qui enjoint chacun de nous à « sculpter sa statue ».
Faire du sport, se lever tôt, lire ses classiques… Il y a plein de manières de se « reprendre en main » en cette période de bonnes résolutions. Mais, pour Plotin, il suffit de rester immobile et de plonger en soi-même. Découvrons les étapes à suivre.
Étape 1 : se décrasser
On sait très peu de choses de Plotin, si ce n’est qu’il écrivait mal, faisait plein de fautes d’orthographe et ne se relisait pas. Heureusement, son sérieux disciple, Porphyre, a retranscrit et réordonné pour lui les Ennéades : une fascinante somme de textes d’éthique et de métaphysique.
Malgré son côté dilettante, Plotin est plutôt sévère avec les fainéants. Consacrée à l’éthique, la première Ennéade vise à purifier les âmes paresseuses livrées aux « commerces du corps » et emportées « par un penchant irrésistible vers les choses sensibles ». Ces âmes tombées « dans un bourbier fangeux » sont réduites « à une existence obscure, infectée par le mal ».
Mais en dépit de la dureté de ses mots, le philosophe reste un indécrottable optimiste. Une âme, aussi « fangeuse » soit-elle, n’est jamais totalement corrompue. Il reste toujours quelque chose à sauver. Contre l’idée d’une damnation définitive qui ne laisserait place à aucun salut possible, Plotin encourage la purification. Celui qui travaille à se décrasser, à nettoyer sa saleté morale, pourra sortir de la boue sensuelle dans laquelle son âme patauge. Il n’y a pas de rupture, de fossé radical et indépassable entre la poussière du monde sensible et la pureté du monde spirituel.