Un sacré numéro
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Cet article est issu du numéro 74 de Philosophie magazine « 74 - novembre 2013 », en kiosque le 24 octobre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est à Porphyre, disciple et «éditeur» de Plotin animé d’un zèle très mathématique, que l’on doit la publication des œuvres de son mentor.
Au total, Plotin a rédigé, en grec, cinquante-quatre traités. Tous ont été transmis à Porphyre, qui est devenu son éditeur « officiel ». Les traités ont été rassemblés en six groupes de neuf, d’où le titre d’ensemble retenu : les Ennéades (ennea signifie « neuf » en grec). Elles paraissent en 300-301, cinq ans environ avant la mort de Porphyre. Pourquoi ce regroupement et cet intitulé ? L’éditeur était très sensible aux considérations numérologiques, baignant dans un contexte marqué par la pensée des pythagoriciens, attachés à la symbolique des nombres. Justifiant son choix, Porphyre se dit « ravi d’associer à la perfection du nombre six le nombre neuf » – 54 lui apparaît ainsi comme un chiffre idéal… Le découpage n’est donc pas le fait de Plotin lui-même, et, aujourd’hui, on préfère parfois le titre plus neutre de Traités.