Politique

Comment s’émanciper des logiques partisanes et opportunistes ?

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Comment s’émanciper des logiques partisanes et opportunistes ?

© William L. pour PM - Photo d’inspiration : domaine public.

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C’est sur les différents partis politiques et leur bonne entente que repose le vote aux législatives. Les partis, les militants et les citoyens peuvent-ils s’émanciper des logiques partisanes pour viser la volonté générale ? Pistes de réponses avec Simone Weil. 


 

« Du mal à l’état pur, ou presque » : c’est ainsi que Simone Weil (1909-1943) définissait les partis politiques dans sa Note sur la suppression générale des partis politiques (posthume, 1950). En cette période, la pensée de la philosophe qui souhaitait abolir définitivement les partis peut servir de boussole. Elle nous éclaire sur les défauts profonds des systèmes partisans, consumés par des logiques d’appareil et des prises de position individualistes délétères. De ce fait, elle offre aussi des pistes d’amélioration, pour tenter – malgré tout – de pallier ces défauts qui épuisent le peuple et érodent toute vitalité démocratique chez les citoyens. Ses analyses précieuses peuvent valoir à l’échelle individuelle, pour chaque citoyen, autant que sur le plan collectif de la vie des factions politiques.

1) Faire taire le bruit assourdissant des passions

La fièvre, la sidération, l’angoisse : tout un cortège d’émotions agite aujourd’hui le pays, depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale. Simone Weil reproche aux partis politiques de se nourrir de ces émotions et de les encourager en stimulant les (res)sentiments des citoyens. « Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective », dénonce-t-elle dans sa même Note. À la suivre, ajouter du bruit au bruit et jouer ainsi sur les angoisses du peuple nuit profondément et durablement à l’exercice de la démocratie. On aurait tort de supposer que les passions contradictoires qui secouent une nation peuvent se neutraliser entre elles ; au contraire, alerte Weil, « la lutte les exaspère ». « Elles se heurtent avec un bruit vraiment infernal, et qui rend impossible d’entendre même une seconde la voix de la justice et de la vérité, toujours presque imperceptible. » La philosophe s’inscrit ici dans le sillage de Rousseau, qui estime que la politique ne doit pas se faire à partir des passions mais de la raison. Pour trouver où se situent « la justice » et « l’utilité publique », il faut savoir s’émanciper du bruit et de la fureur du groupe, quel qu’il soit. C’est la seule manière de parvenir à repérer ce que Rousseau appelle « la volonté générale », qui consiste à chercher en soi-même le bien de tous, en faisant taire ses intérêts personnels.

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