Court éloge de la flemme

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Court éloge de la flemme

© Chloé Poizat pour PM

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Cet article est issu du numéro 22 de Philosophie magazine « 22 - septembre 2008 », en kiosque le 22 août 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans le désordre de mon bureau, je tombe sur un pense-bête me rappelant qu’il me faut rédiger et rendre un article dans un très bref délai. « Urgent », précise même le bout de papier. Le mot me fige. L’urgence, une fois de plus, m’inhibe. S’agit-il de paresse ?

La paresse a pour elle une armée d’avocats – et les meilleurs. Nombre de philosophes et d’écrivains saluent en elle la qualité de l’homme du loisir studieux. Peut-être même que, sans trahir sa pensée, Aristote l’eût rangée parmi les vertus en l’inscrivant dans le « juste milieu », entre l’affairement des esclaves, des politiciens, des commerçants, des artisans et la fainéantise commune aux seigneurs vautrés sur leurs privilèges et aux artistes sans œuvre. Ainsi le sage, hostile à l’agitation, mais exerçant activement, et avec fruit, la contemplation, incarnerait-il le paresseux exemplaire.

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