La grande question
Covid-19 : quand est-on véritablement “guéri” ?
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« Je n’ai plus de fièvre, plus de toux ni de douleurs pulmonaires, mais je n’ai toujours pas le sentiment d’être guérie. » Géraldine * a contracté le Covid-19 début mars. Âgée de 48 ans, cette entrepreneuse dans le secteur de la puériculture a développé une forme intense de la maladie, avec pneumonie, incapacité de se déplacer « pendant plus d’un mois » et névralgie faciale. Malgré un scanner des poumons et une sérologie qui semblent indiquer que la maladie est aujourd’hui résorbée, Géraldine garde des séquelles : fatigue intense, contractures, problèmes de vascularisation… À tel point qu’elle refuse pour l’instant de parler de « guérison ».
Comme Géraldine, des milliers de Français souffrent d’un « Covid long », c’est-à-dire d’une persistance – voire d’une apparition – de symptômes plusieurs mois après la disparition supposée du virus de l’organisme. Si la médecine peine encore à expliquer ce phénomène, l’expérience vécue par ces patients questionne plus largement notre rapport à la santé. À quel moment un malade peut-il se considérer comme véritablement guéri ? La guérison suppose-t-elle de revenir à un état antérieur ou transforme-t-elle l’individu, même de façon invisible ? Et dans quelle mesure l’environnement social peut-il influer sur ce processus ? Pour le comprendre, nous avons discuté avec des (ex) malades et Jean-Claude Fondras, médecin spécialiste d’éthique.