Réflexe analytique
De “Charlie Hebdo” à Samuel Paty, le terrorisme a déclaré la guerre au symbole
Des fleurs ont été déposées devant le collège du Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) où enseignait Samuel Paty, avant d'être assassiné le 19 octobre 2020 par un terroriste. L'établissement est depuis sous surveillance policière. © Anne-Christine POUJOULAT/AFP
De Charlie Hebdo au meurtre de Samuel Paty, les attentats terroristes parviennent à ébranler en profondeur les sociétés en faisant, d’un point de vue froidement comptable, peu de morts. Rien à voir, en effet, avec les charniers des guerres classiques, avec les milliers de soldats tués sur les champs de bataille. La terreur, pourtant, gagne un peu plus les esprits à chaque épisode meurtrier. La guerre que mène les terroristes est en effet une guerre contre le symbole : attaquer un symbole, c’est attaquer tous ceux qui s’y identifient, analyse la philosophe et psychanalyste Hélène L’Heuillet. Anéantir les symboles, c’est-à-dire le langage, la discussion, l’équivocité fondamentale de l’existence humaine : telle est la stratégie des terroristes contemporains. Ils restent pourtant, dans leur œuvre de destruction, tributaires du symbolique qu’ils honnissent.