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De Patañjali à la science : comment le yoga réduit l’anxiété

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De Patañjali à la science : comment le yoga réduit l’anxiété

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Le yoga améliore la santé mentale et contribue notamment à réduire les « symptômes anxiodépressifs », affirme une récente étude menée par deux doctorants du laboratoire Comete, à l’Université de Caen Normandie. Des vertus déjà évoquées dans le texte fondateur de la pratique, le Yoga sūtra de l’érudit indien Patañjali.


  • Recentrement et dispersion. Le, ou les Yoga sūtra (soit un recueil de 195 aphorismes fondamentaux – sūtra – concernant la nature, la pratique et la philosophie du yoga, compilés entre 200 av. J.-C. et 500 apr. J.-C., et lisibles ici dans leur intégralité en traduction française) souligne déjà, dans les mots de son époque et de son contexte culturel et religieux, combien le yoga est un remède précieux à l’anxiété. Dès la deuxième ligne de l’ouvrage, le yoga est défini : il est caractérisé comme « l’arrêt de l’activité automatique du mental ». Cette activité automatique constitue le propre des moments d’anxiété où le sujet n’est plus capable de maîtriser ses pensées et est comme happé, sans pouvoir contrôler ce qui se déroule en lui, dans un vertige de projection angoissante vers l’avenir. À l’opposé de cette dérive hors de soi, le yoga propose au contraire un recentrement : « Alors se révèle notre Centre, établi en lui-même. […] Dans le cas contraire, il y a identification de notre Centre avec l’agitation du mental. » Il y a éclatement de la conscience dans le souci, par « dispersion mentale ». « La maladie, l’abattement, le doute, le déséquilibre mental, la paresse, l’intempérance, l’erreur de jugement, le fait de ne pas réaliser ce qu’on a projeté ou de changer trop souvent de projet, tels sont les obstacles qui dispersent la conscience. »
  • Effort et lâcher-prise. Comment éviter cet éparpillement inquiétant ? Le yoga invite à la concentration. Mais la réponse qu’il propose peut sembler paradoxale : « L’arrêt des pensées automatiques s’obtient par une pratique intense dans un esprit de lâcher-prise. » Le lâcher-prise ne s’oppose pas à l’intensité de la concentration, au contraire. Le recentrement sur notre centre, unique, d’être, qui constitue un « effort énergique » profond, est indissociable d’un abandon de notre volonté de maîtrise des choses extérieures, de notre « identification » avec celles-ci qui conduit à l’oubli de nous-même. C’est d’un même geste que l’on se concentre sur soi, en soi, dans une pure et sereine appréhension de soi, et que l’on s’affranchit de la crainte liée aux soucis du monde. Comme le dit encore le texte fondateur, « la conscience périphérique s’intériorise et les obstacles disparaissent. […] Quand le mental n’est plus identifié avec son champ d’expérience, il y a comme une réorientation des sens vers le Soi. »
  • Paix et clarté. Le résultat de cette concentration en soi, « pratiquée avec ferveur, persévérance, de façon ininterrompue et pendant longtemps », est un état nouveau de « non-attachement » au monde. Le Yoga sūtra parle d’un « état de conscience totale qui libère du désir face au monde qui nous entoure », mais aussi bien de la crainte qui accompagne toute forme de désir et d’attachement. « L’ignorance de la réalité, c’est prendre l’impermanent, l’impur, le malheur, ce qui n’est pas le Soi, pour le permanent, le pur, le bonheur, le Soi. » Le texte évoque un « état intérieur de paix et de clarté ». Cet état se développe progressivement, dans une posture méditative, et « s’accompagne d’un sentiment de joie et du sentiment d’exister ».
  • Inspiration et expiration. Le corps, dans ce cheminement, joue un rôle déterminant. Certes, du fait même qu’il nous enracine dans le monde, notre corps est la source essentielle de notre éparpillement. Respiration saccadée, palpitation, hypersensibilité… La dispersion s’inscrit en lui, qui en est le premier vecteur. Mais, à la charnière du moi et du monde, il faut en passer par lui, par une réappropriation du corps, pour s’apaiser. Réappropriation de la respiration d’abord – avec des exercices de concentration sur le souffle (Prānāyāma), qui permettent de soulager le mental en l’arrimant au mouvement naturel d’un réflexe fondamental de l’organisme : « L’expiration et la suspension de la respiration produisent les même effets » que l’état de conscience totale. « En portant l’attention sur l’endroit où se place la respiration, sur son amplitude et son rythme, on obtient un souffle allongé et subtil. »
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