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Divans du monde

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Cet article est issu du numéro 36 de Philosophie magazine « 36 - février 2010 », en kiosque le 21 janvier 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le philosophe et psychanalyste canadien Charles M. T. Hanly expose un état des lieux mondial de la psychanalyse.

« À l’heure actuelle, la psychanalyse demeure puissamment implantée en France – c’est une passion nationale ! – et en Amérique latine. Sur ce continent, l’enracinement est ancien, dans le sillage de l’importante émigration européenne : la Société brésilienne de psychanalyse de São Paulo a été fondée en 1927 et l’Association psychanalytique argentine en 1942. Aujourd’hui encore, en Argentine, les psychanalystes de l’API demeurent influents dans les universités et les institutions psychiatriques. En revanche, dans le monde anglo-saxon, la psychanalyse relève d’autres défis et s’ouvre à d’autres possibilités de développement. Aux États-Unis, après 1945, elle était réservée aux seuls médecins (contrairement à l’Europe, où les non-médecins peuvent la pratiquer) ; la discipline s’est alors épanouie en particulier en psychiatrie. Depuis la récente fin du monopole médical, elle s’est développée en psychologie, dans les universités et dans le domaine du travail social. Par ailleurs, elle est concurrencée par les thérapies cognitivo-comportementales – qui traitent les troubles du sujet (phobies, addictions, etc.) en partant des seuls symptômes observables et en prétendant les faire disparaître mécaniquement – et l’essor des traitements psychopharmacologiques, présentés comme une voie vers le bien-être plus rapide et moins coûteuse. Les médicaments chassent le divan.

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