Dossier / L’étrange gravité du sexe

Emma Becker-Arthur Dreyfus : les dessous du sexe

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Emma Becker (à g.) et Arthur Dreyfus (à dr.)

Emma Becker (à g.) et Arthur Dreyfus (à dr.). © Pascal Ito, © Flammarion et © Joël Saget /AFP

Peut-on faire l’amour de manière insouciante aujourd’hui ? L’intimité des corps est-elle à l’abri des problèmes d’oppression, de domination et de violence ? Bref, le sexe, c’est grave ? 

C’est la question que nous nous sommes posé dans le dossier de notre dernier numéro (qui vient de sortir chez votre marchand de journaux et sur notre site). Pour y voir plus clair, nous avons fait dialoguer deux écrivains qui s’y connaissent en la matière, quoique leurs expériences soient très différentes : Emma Becker, qui a travaillé deux années durant dans une maison close berlinoise comme elle le raconte dans son livre La Maison (Flammarion, 2019 ; rééd. poche, J’ai lu 2021), et Arthur Dreyfus, qui s’est interrogé sur son propre rapport à la sexualité dans Histoire de ma sexualité (Gallimard, 2014 ; rééd. poche, Folio, 2015) et, plus récemment, dans Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui (P.O.L, 2021).

« La représentation du cul dont on est abreuvé en permanence, qui l’apparente à un produit de consommation, ressemble à une tentative naïve de domestiquer la peur qu’on a du désir », souligne la première. « Il y avait pour moi, dans la répétition obsessionnelle du sexe, le danger de sonder un désir infini jusqu’à l’anéantissement », répond le second. 

Découvrez leur conversation « au pied d’un volcan ». 

Dialogue sans tabou entre Emma Becker et Arthur Dreyfus