Emportés par la foule

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Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’ampleur des manifestations contre le contrat première embauche peut être interprétée à la lumière des travaux de Gabriel Tarde et Elias Canetti, deux penseurs des phénomènes de foule. Vivons-nous dans une société d’opinion ou de masse ? Voici quelques réponses.

Comment envisager des relations entre la foule et l’opinion publique ? Les luttes politiques autour du contrat première embauche (CPE), en mars, ont ramené le peuple et la jeunesse dans la rue. Les villes, les facultés et les lycées ont été pris d’assaut comme autant de lieux de revendication politique. Ce phénomène redonne une actualité aux interrogations philosophiques sur la foule qui ont parcouru les XIXe et XXe siècles. En particulier, celles de deux hommes : Gabriel Tarde et Elias Canetti. Pour le premier, criminologue, sociologue et philosophe du début du XXe siècle, l’essor de l’opinion publique contribue à la pacification des foules. Quant au second, Prix Nobel de littérature en 1981, il voit dans la spontanéité du rassemblement populaire un moyen, pour les individus, de se libérer de la peur de l’autre.

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