La grande question

Et vous, quel est votre chemin philosophique ?

Temps de lecture : 5 min

© Rowell Heria/Unsplash

© Rowell Heria/Unsplash

Cet article est réservé aux abonnés.

Chaque philosophe propose de tracer une voie pour (bien) penser. Mais Zhuangzi (Tchouang Tseu), Descartes, Nietzsche ou Heidegger n’ont pas du tout la même vision du chemin qui est censé vous mener à bon port… Et vous, quel sentier aimeriez-vous emprunter ?

 

Le chemin est l’image par excellence de la réflexion philosophique. Bien des penseurs y font référence pour désigner la direction qu’ils ont voulu donner à leur philosophie. Cette voie renvoie aussi bien à des choix conceptuels qu’à une sensibilité individuelle. Êtes-vous plutôt un adepte de la voie taoïste, du chemin rectiligne cartésien, de la grande traversée nietzschéenne ou du sentier forestier de Heidegger ?

La Voie du Tao

Le voyageur emprunte les sentiers escarpés qui emmènent loin de la civilisation – il fuit pour la montagne ou les campagnes reculées. Il cherche, en bon taoïste, à faire un avec la Voie (le Tao). Ce terme de la philosophie chinoise signifie aussi bien « l’Être suprême » que « le chemin ». C’est le principe de toute chose, l’essence de la réalité, qui reste néanmoins insaisissable. « Il n’y a pas de définition du Tao. C’est ce qui en constitue à la fois le charme et la difficulté », précise Rémi Mathieu, traducteur et préfacier du livre Philosophies taoïstes dans la Pléiade (2022). Si le Tao peut être traduit par chemin, c’est qu’il s’identifie chez Tchouang Tseu (369-288 av. J.-C.) et Lao Tseu à une sagesse, qui consiste à retourner à une authenticité primordiale. Pour y parvenir, il faut « être inutile, vide, sans qualités, transparent, n’avoir pas d’idées préconçues et le moins d’opinions possible », comme l’explique Tchouang Tseu (aussi retranscrit Zhuangzi).

Cet article est réservé aux abonnés