Ethnomythologies
Façades végétalisées : perpétuel printemps, invisible tristesse
La façade d’un café parisien. © Bruno Levesque/IP3/Maxppp
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Cet article est issu du numéro 173 de Philosophie magazine « Peut-on être en accord avec soi-même ? », en kiosque le 21 septembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les devantures des grandes brasseries et restaurants parisiens se parent désormais de fleurs colorées. Mais que camouflent-elles au juste ?
Paris, depuis un an ou deux, on assiste à une véritable explosion florale sur les devantures des restaurants et des cafés. Des glycines, bleues, roses, mauves, mais aussi parées de couleurs plus surprenantes – rouge ou ocre. Et des roses en gigantesques bouquets, des murs de roses de toutes les nuances, et des mélanges, des pivoines, des œillets, et des arbres, des cerisiers en fleurs, des citronniers, entremêlés de lianes, de lierre, de feuilles de vigne. Sur les terrasses de certains grands cafés, l’harmonie des couleurs, toujours voyantes, est parfois très recherchée, camaïeux de bleus, d’or ou d’émeraude… Étonnés, les passants les touchent. Les branches semblent de vrai bois, mais les feuilles crissent sous les mains. Ils osent parfois s’approcher des fleurs, les reniflent. Elles ne sentent rien, rien que la pollution de Paris.