Portrait

Félix Guattari, un penseur pour le XXIe siècle

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Paris, le 20 octobre 1977. Le psychanalyste et philosophe Félix Guattari (1930-1992) participe à la conférence de presse du MAJ (Mouvement d’action judiciaire) au sujet de la demande d’extradition de l’avocat Klaus Croissant, défenseur des membres de la Fraction Armée Rouge

Paris, le 20 octobre 1977. Le psychanalyste et philosophe Félix Guattari (1930-1992) participe à la conférence de presse du MAJ (Mouvement d’action judiciaire) au sujet de la demande d’extradition de l’avocat Klaus Croissant, défenseur des membres de la Fraction Armée Rouge.© AFP Photo

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Disparu il y a trente ans, le philosophe et psychanalyste Félix Guattari fait l’objet d’un intérêt renouvelé à travers livres et colloques. Présentation d’une œuvre novatrice et bien plus large que ses collaborations fameuses avec Gilles Deleuze.

 

« Un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien », confessa Michel Foucault en 1970, rendant compte de son enthousiasme à la lecture de Différence et Répétition (1968) et de Logique du sens (1969). Cette phrase étrange a participé d’une certaine manière – modeste, anodine mais significative – à la renommée de Gilles Deleuze (1925-1995), au-delà même de ses fidèles lecteurs et autres exégètes. Mais elle a peut-être aussi contribué à une légère éclipse du complice intellectuel de Deleuze, Félix Guattari (1930-1992), disparu il y a trente ans. En effet, si le corpus commun des deux amis est resté célèbre (L’Anti-Œdipe, Mille Plateaux, Qu’est-ce que la philosophie ?...), c’est avant tout le nom de Deleuze qui se verra gravé dans l’histoire des idées du XXe siècle.

Or, il est possible de mesurer combien l’œuvre de Guattari, à la fois inséparable de celle de Deleuze et autonome dans ses éclats subjectifs, résonne fortement aujourd’hui. Au point que de plus en plus d’étudiants écrivent des thèses à son sujet, des revues l’honorent (Chimères, ou Multitudes, qui lui rend hommage dans son dernier numéro) ou encore des colloques sont organisés pour saluer sa puissance visionnaire (de nombreux évènements initiés par l’association Chaosmosemedia se tiennent par exemple jusqu’à la fin de l’année).

Car en relisant aujourd’hui son œuvre foisonnante, on mesure combien celle-ci reste traversée par des concepts et des hypothèses qui éclairent et reflètent notre époque. Guattari n’a cessé, dans son présent même (des années 1960 à la fin des années 1980), de formuler des questions qui déterminent notre début de XXIe siècle. En anticipant des problèmes-clé, il a aussi ouvert des voies libératrices, invitant, comme l’indiquait son dernier texte, paru en octobre 1992 dans Le Monde diplomatique, à une « refondation des pratiques sociales ».

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