François Roustang: “L’hypnose permet de se réinstaller dans son corps”

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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Psychanalyste, il est à l’origine du retour de l’hypnose en France. Son dernier essai fait remonter l’origine de la transe à Socrate (“Le Secret de Socrate pour changer la vie”, Odile Jacob).

Pourquoi les psychanalystes ont-ils rejeté l’hypnose ?

François Roustang : Avant d’inventer la psychanalyse, Freud a pratiqué l’hypnose – d’ailleurs avec succès. Mais cette discipline ne lui permettait pas de développer le grand système théorique auquel il aspirait. Les hypnotiseurs d’alors exerçaient une emprise sur leurs patients qui paraîtrait aujourd’hui démesurée. Pour Freud, cela voulait dire concrètement qu’il ne pouvait pas vérifier la justesse de ses interprétations auprès de ses malades, puisque ces derniers étaient forcément suspects de partialité. Ses scrupules n’étaient d’ailleurs pas seulement théoriques. Puisque l’hypnose ne permettait pas de prendre connaissance des pathologies en cause, il craignait que son efficacité fût seulement superficielle. Pour Freud, la guérison intégrait nécessairement un élément cognitif, dont l’hypnose était exempte. D’où la position en retrait du psychanalyste dans la cure, qui donne la première place au discours du patient. Idéalement, le récit que ce dernier élabore séance après séance permet la mise au jour des désirs inconscients qui le troublent. Freud pouvait ainsi avoir le sentiment d’avoir dépassé l’hypnose.

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