Pensées d'ailleurs
Il Rimorso (Sud de l'Italie)
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Cet article est issu du numéro 78 de Philosophie magazine « 78 - avril 2014 », en kiosque le 27 mars 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est à ce mal dont souffrent les femmes seules que répond la tarentelle, unique moyen d’apaiser le baiser de la veuve noire.
Dans le remords, qu’est-ce qui vient mordre à nouveau ? « L’araignée ! » répond le rituel de la tarentelle, qui se déroulait encore dans les années 1950, au cœur des Pouilles, en Italie. Là, une femme, souvent seule, veuve, ou celle que l’on appelait « vieille fille », aurait été mordue par une araignée, une tarentule, à l’acmé de l’été, un jour de moissons. Douleur, rougeur, enflure, induration, mal-être… Depuis lors, elle se languissait en mélancolie, le regard fixe, souffrant de migraines, de nausées, de rétention urinaire. Sa passivité envahissante était traversée d’épisodes d’excitation. À certains moments, elle surgissait, prise d’agitation frénétique et quelquefois de délire érotique. La malheureuse devait attendre un an avant d’être soignée, par un rite associant musique, danse et chants, la nuit de la Saint-Paul, le 28 juin.