Cinéma
“Inland Empire”, de David Lynch : géographie du mal
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Cet article est issu du numéro 6 de Philosophie magazine « 6 - février 2007 », en kiosque le 25 janvier 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Avec son dernier opus, à l’intrigue foisonnante, David Lynch offre une nouvelle méditation sur le mal. Le cinéaste explore le territoire mouvant de la malédiction et du péché, où la raison se perd et où l’intériorité livre ses mystères.
Il est des films difficiles à suivre mais beaucoup moins à comprendre. Inland Empire plonge le spectateur trois heures durant dans un délire visuel et dramaturgique sans précédent. Le début est clair : Nikkie (Laura Dern, fidèle lynchienne depuis Blue Velvet et Sailor et Lula), actrice confirmée et épouse modèle, obtient le premier rôle féminin d’une production hollywoodienne aux côtés du bellâtre Devon. Là-haut vers des lendemains bleus raconte l’histoire d’un adultère bourgeois et a toutes les apparences d’un navet, mais Nikkie et Devon apprennent qu’ils participent à un remake. Le premier tournage, dans les années 1940 en Pologne, a été interrompu après l’assassinat des acteurs principaux. La malédiction liée au scénario s’abat sur Nikkie. Comme son personnage, elle tombe amoureuse de Devon. Elle se trouve alors entraînée dans un univers de visions intérieures terrifiantes, dans un enfer qui résonne de « plaintes et grincements de dents » et qui se confond avec l’univers de la prostitution.