Entre les lignes, une petite phrase décryptée

« J’ai accepté la peine que m’a proposée Madame le procureur, c’est-à-dire trois jours de stage de citoyenneté » : Jean-Luc Delarue

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Cet article est issu du numéro 12 de Philosophie magazine « 12 - septembre 2007 », en kiosque le 23 août 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La citoyenneté, ça se discute. Ou du moins, d’après la loi du 8 mars 2004, dite loi Perben II, cela s’apprend en stage. Jean-Luc Delarue est d’ailleurs en progrès : après une plainte du personnel naviguant d’Air France pour comportement « agressif et injurieux » sur un vol Paris-Johannesburg le 13 février dernier, il a accepté la « proposition » de Madame le procureur. Le magistrat propose, le prévenu dispose. On aimerait que tous les justiciables soient aussi prévenants.

La procédure du « plaider coupable », popularisée par l’animateur du service public et inspirée de la Common Law anglo-saxonne où l’accord des parties prive le juge de son office, soulève de redoutables questions philosophiques si l’on veut bien s’interroger sur le sens des mots. Car, à d’autres époques et sous d’autres latitudes, conduire un homme public à reconnaître qu’il a failli comme citoyen et lui faire désirer sa juste peine de rééducation, cela aurait fait froid dans le dos. Qu’on se rassure. Les syndicats d’Air France ont eu beau jeu de constater qu’à Bobigny, certains justiciables sont plus égaux que d’autres devant la loi, car le stage qu’effectuera le patron de Reservoir Prod le qualifiera davantage au statut d’intermittent de la citoyenneté qu’au contrat civique à durée indéterminée.

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