L’expression

“J’avoue…”

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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Drôle de manière pour dire en fait : « Je suis d’accord ». Comme si l’autre, disant quelque chose de juste, ne m’apportait rien, car la vérité qu’il me place sous les yeux, je la contenais déjà en moi. Simplement, je ne le savais pas ou je n’osais pas (me) le dire. Comme dans la « maïeutique » de Socrate, la médiation du tiers m’aide à « accoucher » de cette idée. L’aveu est reconnaissance d’une insuffisance, d’une faiblesse et d’une dépendance à l’égard de l’autre. Il s’oppose au déni, à l’injonction viriliste de dissimuler ses failles. Mais en même temps, il minore le rôle de l’autre puisque, en « avouant », j’affirme posséder déjà en moi tout ce qu’il faut pour atteindre la vérité.