Chine / Justice

Procès Bo Xilai : un effet de vérité paradoxal

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Procès Bo Xilai : un effet de vérité paradoxal

(cc) Nicolas Raymond / Flickr

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Cet article est issu du numéro 73 de Philosophie magazine « 73 - octobre 2013 », en kiosque le 19 septembre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En organisant un grand spectacle judiciaire, le pouvoir chinois a maladroitement braqué les projecteurs sur sa propre faiblesse : la corruption généralisée de ses élites.

Le procès de Bo Xilai, ex-étoile montante du Parti communiste chinois, s’est achevé le 26 août dans la confusion. À l’heure où nous écrivons, le verdict n’est pas connu. Ce procès devait servir d’exemple. Mais ce régime, communiste en droit et capitaliste en fait, démocratique en apparence et dictatorial en réalité, a fait naître un procès à son image – schizophrénique. Il faut dire que l’accusé, le « prince rouge » Bo Xilai qui pourfendait le népotisme et combattait la mafia lorsqu’il dirigeait la province de Chongqing, qui remettait au goût du jour le lexique et les symboles maoïstes, est lui-même accusé de détournement de fonds et de corruption. D’un côté, donc, la mise en scène d’un procès équitable et ouvert aux regards : audiences retransmises en direct, confrontations avec les témoins, large droit d’expression pour l’accusé. De l’autre, une mise au pas symbolique de l’ex-rival du président Xi Jinping, résurrection des procès de Moscou lors desquels Staline se débarrassa de ses anciens rivaux du Parti bolchevique. Bo Xilai risque la peine capitale. Le plus vraisemblable est une peine de prison.

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