Russie

La guerre de Poutine, une machine à remonter le temps

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Moscou (Russie), le mai 2023. Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou (à g.) et le président Vladimir Poutine assistent au défilé du Jour de la Victoire, qui se tient chaque année sur la place Rouge pour marquer la victoire sur l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale

Moscou (Russie), le mai 2023. Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou (à g.) et le président Vladimir Poutine assistent au défilé du Jour de la Victoire, qui se tient chaque année sur la place Rouge pour marquer la victoire sur l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. © Mikhail Metzel/TASS/Sipa

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Ce 9 mai, jour de la célébration de la victoire soviétique sur le nazisme en 1945, le président russe a affirmé que son pays faisait face à une « véritable guerre » fomentée par l’Occident. Mais il n’a pu annoncer aucune victoire en Ukraine, alors que les signaux inquiétants pour le Kremlin se multiplient. Pourquoi Vladimir Poutine s’est-il à ce point trompé, alors qu’il croyait vaincre son voisin sans coup férir ? Les objectifs affichés de son « opération militaire spéciale », la « dénazification » et la « démilitarisation » de l’Ukraine, fournissent une piste. Poutine croyait avoir déjà gagné avant même de commencer. Explications.


 

Rien de nouveau sur la place Rouge ce 9 mai 2023. À 10 heures piles, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou passe en revue les troupes, qui répondent par de glorieux « Hourra » ! Sur la tribune, sept dirigeants des anciennes républiques soviétiques rappellent de vieux souvenirs. Vladimir Poutine a placé autour de lui quelques vétérans médaillés. Son bref discours passe comme un vieux disque, qui tourne un peu plus vite pour tenter d’étonner encore : « On a de nouveau lancé contre notre patrie une véritable guerre », proclame le président russe, avant de lancer ses attaques coutumières contre « les élites mondialistes occidentales » qui « insistent encore sur leur exclusivité, montent les gens les uns contre les autres et divisent les sociétés, provoquent des conflits sanglants et des coups d’État, sèment la haine, la russophobie, le nationalisme agressif, détruisent les valeurs familiales traditionnelles ». Comme les nazis, ces ennemis projettent « la désintégration et la destruction de notre pays ». Il s’adresse enfin aux « participants de l’opération militaire spéciale » : « La sécurité du pays repose sur vous, l’avenir de notre État et de notre peuple dépend de vous. » Une fois opérée la concordance du passé et du présent, le défilé peut s’élancer au son d’un orchestre, avec les fantassins, les véhicules motorisés, les missiles, le tank…

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La “guerre à l’envers” de Vladimir Poutine
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