Matière à penser / avril 2016

La mystérieuse bataille des larmes

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Cet article est issu du numéro 98 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’être fort ? », en kiosque le 24 mars 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les larmes de chagrin ont-elles une forme différente de celles de joie ? Et pourquoi ? C’est pour répondre à cette question, devant laquelle la science reste aujourd’hui perplexe, que Maurice Mikkers, qui fut laborantin avant de devenir photographe, a recueilli des dizaines de larmes d’origines différentes – ci-dessus causées par un souvenir émotionnel (à gauche) et par des épluchures d’oignons (à droite). Il les a prises en photo microscopique, après qu’elles ont cristallisé. Le résultat publié sur le site Internet Medium (medium.com/micrograph-stories/) est surprenant tant les formes sont aussi belles que variées. En rendant visible la constitution interne des larmes, l’artiste donne raison à Derrida qui affirmait que l’œil est moins destiné à voir qu’à pleurer et à implorer : « avoir en vue l’imploration plutôt que la vision, adresser la prière, l’amour, la joie, la tristesse plutôt que le regard ».

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