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La nature fait-elle bien les choses ?
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Cet article est issu du numéro 121 de Philosophie magazine « Pourquoi avons-nous besoin d’être aimés ? », en kiosque le 05 juillet 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Analyse des termes du sujet
« La nature »
Tout ce qui n’est pas le produit d’une transformation humaine : un être vivant, un phénomène météorologique ou la force de gravitation.
« fait »
Produit, réalise, mène un projet à bien.
« bien »
De manière optimale par rapport à un but que l’on s’est donné ; un bien moral (« bien agir »).
« les choses »
Les événements, les lois, les objets non produits ou altérés par l’homme.
Défrichage
Premières intuitions
On s’émerveille volontiers à la vue d’un beau paysage ou à la naissance d’un enfant, comme si la nature nous offrait par là une faveur particulière. Or tout dans la nature est réglé avec une telle précision qu’elle semble faire les choses de la meilleure façon possible – en tout cas la plus optimale.
Mais la nature détruit aussi facilement qu’elle fait naître, et les catastrophes naturelles, les épidémies, la vieillesse et la mort nous rappellent sans cesse à son pouvoir inflexible. Efficace, la nature n’est pas pour autant toujours bonne. Le travail agricole, les techniques médicinales, les rites religieux sont autant de moyens qu’ont trouvés les hommes pour tenter de corriger les défauts de la nature.
En les corrigeant, nous nous octroyons le droit de modifier le cours des choses naturelles : mais qu’est-ce qui nous indique qu’on est capables de faire mieux ?
Exemples qui viennent à l’esprit
Le débat entre Jean-Baptiste de Lamarck et Charles Darwin, au XIXe siècle, oppose deux visions de la nature. Lamarck a une vision finaliste de l’évolution naturelle : il en fait un perfectionnement graduel des espèces, qui aboutit à l’homme. Pour Darwin, au contraire, c’est un enchaînement de mutations aléatoires dans l’ADN des individus, rapporté à un environnement particulier, qui explique l’extinction ou la prolifération de certaines espèces. Aujourd’hui, les biologistes adoptent majoritairement l’hypothèse darwinienne.
Les arguments avancés par l’opinion conservatrice contre le mariage homosexuel en 2012, qui, en substance, font de l’union de deux personnes du même sexe un événement « contre-nature », et donc condamnable.
Références utiles
Descartes, Principes de la philosophie, IV (1644). La Nature est un ingénieur insurpassable, mais elle nous fournit tous les outils pour continuer son œuvre. La nature fait bien les choses, cependant, elle n’en fait pas assez : à l’homme de réaliser toutes ses potentialités !