La nostalgie

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Cet article est issu du numéro 39 de Philosophie magazine « 39 - mai 2010 », en kiosque le 29 avril 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Elle marque la fin du voyage, mais aussi le début de l’errance, des regrets…, du temps où la vie avait un sens. Ulysse en est le plus bel exemple.

Lorsqu’elle n’est que le mal du pays, la nostalgie paraît soluble dans l’espoir. Les larmes d’Ulysse prisonnier des sorcières sécheront avec le retour à Ithaque. Le chant du cygne est un chant de joie quand, avec la mort, on retrouve le divin natal. Le sentiment d’être déchiré s’estompe quand on rencontre sa moitié. Les gémissements de l’âme en exil, disperdue, grisée par les sortilèges de la matière, redeviennent une mélodie quand sonne l’heure du retour à l’unité. Autrement dit, tant qu’il est possible de revenir à Ithaque, tant qu’elle ne désespère pas de dissiper l’absence, la nostalgie n’est qu’un mal provisoire, une promesse de bonheur qui transforme la Bible en cadastre et la mémoire en horizon, un faux problème dont la solution revient à retrouver – ou recréer – l’endroit qu’on a perdu : vous allez voir, ce sera mieux avant.

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