Un classique éclaire le présent
La pénurie, mère du désir ?
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Alors que l’activité reprend, le recentrement de la Chine sur son marché intérieur et la hausse subite de la demande dans certains secteurs nous confrontent à un phénomène qui déjoue nos modèles économiques fondés sur la croissance : la pénurie. Occasion de développer notre avidité, ou notre sobriété ? Revenons aux origines philosophiques de la pénurie pour en savoir plus.
Un composant électronique plus petit qu’un grain de sable est capable de mettre des milliers d’employés au chômage. C’est ce qui est récemment arrivé aux nombreuses usines automobiles qui ont dû interrompre leur activité à cause des pénuries de semi-conducteurs, et c’est ce qui arrive dans une moindre mesure à Apple, qui manque de puces pour atteindre les objectifs de production de smartphones que la firme s’était fixés. C’est le revers de la mondialisation : un rouage, une seule pièce vous manque et toute la chaîne de fabrication est bouleversée. Ces pénuries mondiales, si elles venaient à durer, ne pourraient-elles pas être l’occasion de revoir notre modèle économique ? Peut-on penser la pénurie, non plus comme un fléau, mais comme une direction à donner à notre consommation ? L’idée même de pénurie ne serait plus un vide, un manque, mais un événement fécond et riche de nouvelles options. Pour répondre, revenons aux origines mythiques du concept.