Politique / Généalogie d’un concept

À la recherche de l’État profond

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Cet article est issu du numéro 133 de Philosophie magazine « 133 - octobre 2019 », en kiosque le 26 septembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En déplorant la présence d’un “État profond” au sein de la haute administration française, Emmanuel Macron reprend un terme qu’affectionne Donald Trump et qui est né en Turquie. Attention toutefois à ne pas opposer l’État à lui-même, prévient Hegel.

Emmanuel Macron a bousculé le monde policé des ambassadeurs, le 27 août dernier. En plein discours sur la nécessité de « reconstruire un agenda de confiance » avec la Russie, il remarque : « Je sais que, comme diraient certains théoriciens étrangers, nous avons nous aussi un État profond. Et donc, parfois, le président de la République dit des choses, se déplace et dit quelque chose, puis la tendance collective pourrait être de dire : “Il a dit ça… Enfin, nous, on connaît la vérité, on va continuer comme on l’a toujours fait.” Je ne saurais [trop] vous recommander de ne pas suivre cette voie. » Qui sont ces « théoriciens étrangers » ? On pense à Donald Trump, qui emploie l’expression de « deep state » pour dénoncer la prétendue conspiration d’un appareil d’État non élu, regroupant haute administration et groupes d’intérêts occultes, œuvrant contre la direction élue par le peuple.

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