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La vérité n’est-elle qu’une convention ?

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Analyse des termes du sujet

« La vérité »

Synonymes : la véracité, la sincérité, l’authenticité, la vérité scientifique, la connaissance. 

Contraires : le mensonge, l’illusion, l’erreur, l’opinion, le préjugé.

« n’est-elle qu’ » 

Au sens de : restriction, limite, appréciation péjorative.

« convention »

Au sens de : artifice, consensus, invention.

 

Défrichage

Premières intuitions

Par opposition au mensonge, à l’erreur, à l’illusion, la vérité nous permet de savoir comment sont les choses, ce qu’elles sont… Il y a dans la vérité quelque chose de sûr, de démontré, d’objectif, qui ne relève pas d’un simple accord pragmatique entre les hommes. 

Dire que la vérité n’est qu’une convention nous paraît donc réducteur par rapport à la haute idée que nous nous faisons de la vérité en tant que certitude et même en tant que devoir. Pire, une convention est factice, artificielle. C’est une invention des hommes qui n’aurait rien de réel. 

Or la vérité n’est pas seulement un discours. C’est aussi un pouvoir qui nous permet d’agir sur la réalité. Comment, alors, caractériser la vérité comme une simple invention des hommes ?

Exemples qui viennent à l’esprit

La mécanique quantique explique les phénomènes microscopiques qui échappent à la physique classique. Mais elle ne permet pas, par exemple, d’expliquer la gravité. La théorie de la relativité générale d’Albert Einstein (1920), elle, explique la gravitation. Mais nous ne savons toujours pas aujourd’hui unifier ces deux branches. La physique apparaît ici comme une modélisation du réel, et non comme LA vérité unique sur le monde.

Dans La Princesse de Clèves (1678), Madame de Lafayette décrit une société où règnent le mensonge, la dissimulation, l’hypocrisie et le secret. L’idéal moral d’honnêteté semble n’y être qu’une simple convention sociale. 

Pour Claude Bernard (1813-1878), la médecine est une science expérimentale qui progresse en trois temps : observation, hypothèse et expérimentation pour valider l’hypothèse. Celle-ci est donc réévaluée pour se conformer aux données de l’expérience et produit des effets bien réels. Ce n’est alors pas une simple convention.

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