Politique / Vote
L’abstention, stop ou encore ?
Lyon, le 7 mai 2017. Bureau de vote de la salle de la corbeille au palais de la bourse pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017. © Bruno Amsellem/Divergence
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Cet article est issu du numéro 158 de Philosophie magazine, en kiosque le 19 mars 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les observateurs redoutent qu’un nombre important de Français n’aillent pas voter aux présidentielles, puis aux législatives. Quelles sont les causes et les conséquences de ce désaveu démocratique ? Réponses de la sociologue Céline Braconnier, spécialiste de la participation électorale.
Désintérêt pour la campagne, confusion autour de l’inscription, refus de choisir par défaut : trois Français sur dix pourraient ne pas voter le 10 avril. L’élection présidentielle semblait préservée des records successifs d’abstention qui touchent tous les scrutins intermédiaires. Pour l’instant, elle ne provoque pas un effet d’entraînement aussi fort que d’habitude. Or, pour beaucoup de citoyens – pensons aux plus de 65 % d’abstentionnistes aux régionales de 2021 –, la présidentielle reste le dernier rempart contre une rupture totale avec le vote. Pour Céline Braconnier, professeure de sciences politiques, « parmi les personnes âgées, même si certaines sont désabusées ou ne comprennent plus l’offre politique, elles iront voter. Comme les personnes qui s’intéressent à la politique. Ces gens-là n’ont pas besoin d’une campagne présidentielle qui sert surtout à activer les processus informels de mobilisation – discussions, débats – dans les groupes de pairs moins politisés, que ce soit au travail, en famille ou avec les amis ». D’ordinaire, la mise en scène médiatique de la campagne électorale crée de l’engouement. Cependant, toutes les enquêtes d’opinion montrent un décalage accru entre les thèmes traités par les médias de masse et les préoccupations réelles des citoyens. « La sécurité et l’immigration prennent une place considérable, alors que les Français s’inquiètent davantage des modes de consommation, de leur niveau de vie, de l’éducation. De la santé également ! L’hôpital public a été au cœur de l’actualité pendant deux ans : où en est le débat ? » souligne Céline Braconnier.