L’exemple
Le carré de Socrate
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Cet article est issu du numéro 10 de Philosophie magazine « 10 - juin 2007 », en kiosque le 31 mai 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Comment reconnaître la vérité, ce que nous ne connaissons pas déjà ? En se « ressouvenant » des choses, répond Platon. Le savoir est réminiscence, et chaque homme possède des indices du vrai et du faux.
Dans un dialogue, Platon met en scène Ménon, jeune ambitieux, élève du sophiste Gorgias. Il défie Socrate de résoudre la question suivante : peut-on apprendre la vertu (arétê), c’est-à-dire la capacité à conduire au mieux ses affaires et les affaires publiques ? Peut-on acquérir un savoir solide et objectif permettant de prendre les meilleures décisions ?
Réminiscence ou anamnèse
Selon des mythes pythagoriciens, l’âme vit une autre vie après la mort puis se réincarne. Socrate donne à ces mythes un contenu métaphysique : l’âme séparée du corps contemple les essences de toutes choses puis les oublie, mais peut en retrouver le souvenir par un travail de réflexion.
Ménon formule le problème suivant : si nous cherchons à savoir ce qu’est une chose (en l’occurrence la vertu), c’est que nous n’en possédons pas la connaissance. Dès lors, en imaginant que nous trouvions la réponse, comment saurons-nous que c’est la bonne ? Il semble impossible de reconnaître ce que nous ne connaissons pas déjà. Cette objection est forte : il s’agit de savoir si nous possédons un indice de la vérité, qui nous permettrait d’avancer de façon sûre dans la recherche du savoir. Si Ménon a raison, toute science est impossible.