Économie / Industrie automobile

Le moteur à explosion a-t-il fait long feu ?

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Le moteur à explosion a-t-il fait long feu ?

© Jonathan Farber/Unsplash

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Cet article est issu du numéro 161 de Philosophie magazine « Peut-on être lucide et heureux ? », en kiosque le 07 juillet 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le Parlement européen vient de voter l’interdiction des ventes de voitures neuves  à moteur thermique à partir de 2035 sur le territoire de l’Union européenne. Cette nouvelle régulation pourrait entamer un changement civilisationnel d’après le philosophe Peter Sloterdijk.

 

L’ère de l’électrification va-t-elle succéder au temps du thermique ? À partir de 2035, en dehors d’une niche réservée aux voitures de luxe, les voitures neuves ne seront plus équipées de moteurs fonctionnant à l’essence, au diesel, au gaz, aux agrocarburants ou aux carburants de synthèse. Les motorisations hybrides seront aussi interdites.

Pour que le règlement soit définitif, il faut encore qu’il soit validé par le Conseil européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission. Néanmoins, si elle aboutit, une telle décision n’aurait pas seulement de grandes implications écologiques et économiques…

Pour le penseur allemand Peter Sloterdijk, l’idée fondamentale de notre civilisation moderne est de prendre les explosions par la ruse afin de leur faire accomplir un travail utile. Dans Ni le soleil, ni la mort (2001 ; trad. fr. Fayard, 2003), il part du principe « méphistophélien » de la combustion : « Le moteur à combustion travaille avec une partie de cette force qui veut toujours le mal et crée toujours le bien. On allume une substance inflammable, et, grâce à un mécanisme de freinage, on force l’explosion à produire un travail – des micro-catastrophes à vocation culturelle. »

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