Le poids des mots

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© Oriane Safré-Proust / Valerie Oualid 

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Cet article est issu du numéro 131 de Philosophie magazine « Quand est-on soi-même ? », en kiosque le 04 juillet 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Face à la catastrophe environnementale à venir, quel langage employer ? Au Royaume-Uni, la rédaction du quotidien The Guardian a tranché : fini de se retrancher derrière le neutre « changement climatique », alors que l’urgence commande de parler de « crise ». Un geste philosophique qui rappelle que les émotions et l’imagination sont nécessaires aux prises de conscience.

Katharine Viner, la rédactrice en chef du quotidien britannique The Guardian, a donné récemment des consignes à ses journalistes pour qu’ils emploient des termes aussi précis que possible pour évoquer le dérèglement climatique. Ce qui revient à bannir les termes neutres. Plus question de parler de « changement climatique » alors qu’il y a « crise climatique », plus question de parler de « réchauffement » alors qu’il y a « surchauffe ». Même volonté de précision pour évoquer les espèces menacées, le Guardian recommande de parler de « vie sauvage » plutôt que de « biodiversité ». Pour justifier ce changement sémantique, Viner a évoqué la tradition d’objectivité et de rigueur qui fait la réputation du Guardian. Et expliqué que des expressions comme « changement climatique » ou « réchauffement » étaient devenues trop modérées pour refléter une réalité que les scientifiques qualifient de catastrophique pour l’humanité. 

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