Le sacre du présent, vraiment?

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Cet article est issu du numéro 101 de Philosophie magazine « L’instant présent. Attrape-le si tu peux ! », en kiosque le 16 juin 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai jamais été tellement convaincu par la fameuse formule : carpe diem. En latin, ce sont les deux premiers mots d’un célèbre vers d’Horace qu’on traduit ainsi : « Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. » Il en existe, d’ailleurs, des tas de variantes. Le romantique Goethe s’exclame : « Le présent est notre seul bonheur. » Chez Ronsard, cela donne : « Cueillez, cueillez votre jeunesse », dans le fameux sonnet à Hélène qui parle d’une rose à peine éclose, et dont Raymond Queneau a modernisé ainsi la leçon : « Si tu crois petite / xa va xa va xa va / va durer toujours / ce que tu te goures / fillette fillette »… Mais alors, pourquoi s’élever contre ce conseil de vie qui incite à profiter du moment présent, à ne pas le laisser ternir par les soucis, à prendre conscience du caractère éphémère des plaisirs ? Pourquoi les gens qui disent carpe diem m’agacent-ils toujours un peu ?

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