Société

Légitime ou dangereuse ? La dénonciation publique en débat

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Des activistes féministes, inspirées par le mouvement chilien “Las Tesis”, dansent devant le Parlement grec à Athènes le 22 décembre 2019

Des activistes féministes, inspirées par le mouvement chilien “Las Tesis”, dansent devant le Parlement grec à Athènes le 22 décembre 2019. © Louisa Gouliamaki/AFP

« Balance ton porc », « Balance ton cabinet », « Balance ta rédac », « Balance ta start-up »… Depuis quelques années, des groupes de personnes prennent la parole en public pour dénoncer des comportements abusifs ou violents dans leur secteur d’activité. D’autres utilisent les mêmes méthodes pour dénoncer des idées jugées intolérables : ainsi, deux professeurs ont vu leur nom affiché à l’entrée de l’Institut d’études politiques de Grenoble, début mars, car ils avaient émis des critiques à l’égard de la notion d’ « islamophobie ». 

Si, selon ses défenseurs, le procédé vise à œuvrer pour plus de justice, il fait également débat. Car ces personnes n’hésitent pas à livrer des noms (de gens ou d’entreprises) avant même d’alerter leur hiérarchie ou les autorités compétentes, et que la vérité des faits soit établie. Cette méthode peut par ailleurs exposer dangereusement les mis en causes, comme l’a révélé l’assassinat de Samuel Paty (suite à une calomnie avérée) à l’automne dernier. 

La dénonciation publique est-elle légitime, ou témoigne-t-elle d’un glissement dangereux de la société, qui pourrait donner lieu à une suspicion généralisée ? Éclairages sur un débat brûlant. 

Vices et vertus de la dénonciation publique