Notre palmarès “livres”
Les 12 essais philosophiques qui ont marqué 2022
Vous n’avez pas réussi à suivre toutes les sorties de l’année, au rayon « philosophie » de votre librairie ? Pas de panique ! Jean-Marie Durand, responsable de notre rubrique livres, propose une sélection des essais qu’il ne fallait pas manquer cette année.
Claire Marin, Être à sa place (L’Observatoire)
Philosophe de la fragilité et des épreuves de la vie, Claire Marin interroge ce sentiment familier de ne pas être à sa place dans l’existence : comment se créer une place à soi ? Une réflexion sensible et incarnée, traversée par le goût de la littérature et de la pensée [lire notre article]. Disponible ici.
Nastassja Martin, À l’est des rêves (La Découverte)
L’anthropologue, révélée en 2019 par Croire aux fauves, propose dans cette nouvelle enquête auprès d’un peuple d’éleveurs de rennes, les Évènes, une étude de l’animisme comme réponse possible à la crise écologique [lire notre article]. Une critique des certitudes occidentales autant qu’une manière de réenchanter le monde. Disponible ici.
Sophie Galabru, Le Visage de nos colères (Flammarion)
Dans son premier livre, la jeune philosophe Sophie Galabru réhabilite un affect largement dévalorisé par la tradition philosophique et redouté par les pouvoirs en place [lire notre article]. La colère a ses raisons et sa raison. Disponible ici.
Ilaria Gaspari, Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs (PUF)
En s’attardant, à travers ses expériences personnelles, sur nos émotions partagées (angoisse, remords, jalousie, émerveillement…), la philosophe italienne invite à nous fier à ce qu’elles disent de nous-mêmes et des autres [lire notre article] ; ce sont les émotions qui nous rendent humains, trop humains. Disponible ici.
Amia Srinivasan, Le Droit au sexe (PUF)
Explorant dans son premier texte traduit en France des sujets sensibles – pornographie, prostitution, politique du désir… – sur lesquels aucun consensus féministe ne s’impose, Amia Srinivasan invite le féminisme à se « se poser des questions que de nombreuses féministes préféreraient éviter » [lire notre article], s’il veut prolonger sa longue histoire émancipatrice. Disponible ici.
Hélène Lœvenbruck, Le Mystère des voix intérieures (Denoël)
Qu’est-ce qu’une voix intérieure, qui double la moindre de nos sensations comme chacune de nos conversations ? Est-ce une voix, si elle est silencieuse [lire notre article] ? Autant de questions vertigineuses que soulève Hélène Lœvenbruck, s’inspirant autant des neurosciences que de la philosophie et de la littérature. Disponible ici.
Claude Romano, L’Identité humaine en dialogue (Seuil)
Dans un texte exigeant, Claude Romano s’écarte de la conception courante de l’identité, désignant une appartenance à un groupe, pour la tirer vers le concept d’ipséité [lire notre article]. Une clarification du principe d’identité, comme manière d’être. Disponible ici.
Lionel Naccache, Apologie de la discrétion (Odile Jacob)
Pour ce neurologue qui entretient un dialogue fécond entre neurosciences et philosophie, mais aussi Talmud et cinéma [lire notre article], la notion, mathématique autant que psychologique, de discrétion – c’est-à-dire à base d’entités individuelles quantifiables et isolées, et non pas continues – permet de répondre à nos questionnements éthiques ou politiques. Disponible ici.
Stéphane Madelrieux, Philosophie des expériences radicales (Seuil)
Au fil de son existence, chacun peut faire la distinction entre les expériences radicales, passionnelles, et les expériences ordinaires, qui nous rattachent au cours habituel de la vie. S’il est courant d’accorder plus de valeur aux premières, comme le fait une grande tradition philosophique, Stéphane Madelrieux [lire notre article] interroge le sens de cette séparation, en suggérant que l’ordinaire a autant de ressources émancipatrices que le radical. Disponible ici.
Pierre Cassou-Noguès, La Bienveillance des machines (Seuil)
Peut-on croire, à rebours de l’idée commune d’une intelligence artificielle hostile, qu’un jour les machines puissent devenir bienveillantes à notre égard ? Pierre Cassou-Noguès explore notre rapport à la technologie contemporaine et ses effets sur la façon de penser et de vivre [lire notre article], par le biais de fictions, pour pire… comme pour le meilleur ! Disponible ici.
David Berliner, Devenir autre. Hétérogénéité et plasticité du soi (La Découverte)
Devenir autre : l’idée d’échapper à soi nous traverse depuis probablement l’enfance. L’anthropologue David Berliner ancre cette « exo-expérience » au cœur de notre temps présent [lire notre article]. L’esprit du temps, fatigué, triste et monotone, pousse plus que jamais à cette élasticité. Une enquête auprès de ces joueurs malicieux qui défendent une « politique de la multiplicité et de la plasticité ». Disponible ici.
Paul B. Preciado, Dysphoria mundi (Grasset)
Se définissant comme un « sujet mutant » désirant vivre en dehors des prescriptions binaires de la société [lire notre article], le philosophe transgenre Paul B. Preciado élargit dans son imposant essai Dysphoria mundi la notion de dysphorie de genre à l’ensemble des pratiques sociales dissidentes. Disponible ici.