Nature / Éthologie

Les animaux aussi ont un patrimoine à transmettre

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“Dans les sociétés de hyènes, les descendantes des femelles dominantes conservent les positions dominantes.” Hyènes tachetées (Crocuta crocuta)

“Dans les sociétés de hyènes, les descendantes des femelles dominantes conservent les positions dominantes.” Hyènes tachetées (Crocuta crocuta). © iStockphoto

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Cet article est issu du numéro 157 de Philosophie magazine « Comment la droite s’est emparée des esprits », en kiosque le 17 février 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Sommes-nous les seuls vivants à hériter ? Rien n’est moins sûr, comme le révèle une étude publiée récemment, qui montre que certains animaux lèguent à leurs descendants un patrimoine aussi bien matériel que culturel.

 

« L’héritage n’appartient qu’à l’homme. Nous sommes des héritiers », écrivait le philosophe Régis Debray dans Transmettre (Odile Jacob, 1997). Et d’ajouter : « Si l’homme est l’animal qui a une histoire, la transmission non biologique, artificielle, de caractère acquis est l’autre nom de la culture humaine. » Une étude récente remet en question cette idée et attire l’attention sur l’existence d’une transmission de patrimoine matériel et culturel chez de nombreux animaux. Des héritages, et non seulement des hérédités, selon une opposition classique.

L’hérédité concerne tous les vivants. Par l’hérédité, les parents transmettent à leur descendance une partie du patrimoine génétique qu’ils ont reçu de leurs ancêtres. Ce patrimoine qui façonne le corps est inflexible, il ne peut être corrigé, il est déterminé d’emblée à la naissance. Il s’enrichit, bien entendu, ou du moins se transforme au cours de l’évolution, mais cette évolution est lente et surtout discontinue : elle se produit seulement dans les mutations qui donnent naissance au génome singulier de l’embryon. Le nouvel individu n’a aucun pouvoir sur cette hérédité. Rien à voir avec l’héritage : pris dans ce sens, le patrimoine n’est pas inné. Il ne s’inscrit pas en effet dans le corps mais structure le monde de biens, d’œuvres, de rites, d’institutions, de repères, qui précèdent toujours le descendant et dans lequel celui-ci est accueilli. Ce patrimoine, matériel et culturel, est par conséquent beaucoup plus souple. Mais il est aussi beaucoup plus fragile, car l’héritage ne survit que si les générations suivantes en prennent soin.

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