Cinéphilo

“Les Jeunes Amants”, à l’épreuve du temps

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“Les Jeunes Amants”, à l’épreuve du temps

Les Jeunes amants, avec Fanny Ardant et Melvil Poupaud. ©Ex Nihilo Kare/Diaphana distribution

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Dans le film Les Jeunes amants, Carine Tardieu raconte l’histoire d’un homme qui trahit son épouse avec une femme beaucoup plus âgée que lui. Elle pose donc la question du temps : celui qui passe et s’inscrit inexorablement dans nos corps, mais aussi celui qui unit des êtres qui ont le même rapport à l’instant.

 

Deux personnes, les futurs amants, se croisent fugacement une première fois, en 2006, dans un hôpital lyonnais au chevet d’une amie de Shauna (Fanny Ardant) dont Pierre (Melvil Poupaud) était l’oncologue. Ils se rencontrent à nouveau, quinze ans plus tard, dans la maison irlandaise de Shauna. Ce n’est pas un hasard si la cristallisation amoureuse entre ces deux-là se produit loin de la course du monde – une nuit à l’hôpital, vingt-quatre heures isolées en Irlande. Cette suspension du temps est nécessaire pour qu’ils puissent être touchés l’un par l’autre, en dépit de leur grande différence d’âge.

La deuxième fois qu’ils se revoient, en Irlande en 2021, Shauna ne se souvient pas immédiatement de Pierre. Comme il lui rappelle qu’il est le cancérologue qui soignait son amie, elle lui assène : « Je me souviens de quelqu’un qui faisait beaucoup plus jeune que vous. » Pierre est un peu vexé. Au-delà du contre-pied à l’idée reçue que les femmes vieilliraient moins bien que les hommes, c’est surtout le signal que, dès lors, la temporalité des personnages va être remise en question – et la nôtre, interrogée.

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